Quel niveau d'anglais exiger selon le poste ? Le guide CECRL pour les recruteurs
Quel niveau d’anglais demander pour un commercial, un développeur ou un conseiller client ? Voici un guide pratique pour aligner le CECRL avec les exigences réelles de chaque poste.
Tous les recruteurs ont déjà vécu cette situation.
Un candidat indique "anglais courant" sur son CV.
Le manager précise que le poste nécessite un bon niveau d'anglais.
L'entretien se déroule bien.
Puis, quelques semaines après l'embauche, les difficultés apparaissent : appels clients compliqués, réunions internationales laborieuses, malentendus à répétition.
Le problème est simple.
Des expressions comme "anglais courant", "anglais professionnel" ou "anglais bilingue" ne veulent pas dire la même chose pour tout le monde.
C'est précisément pour cela que le CECRL (Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues) existe.
Mais connaître le niveau B1, B2 ou C1 d'un candidat ne suffit pas.
La vraie question est :
Quel niveau d'anglais est réellement nécessaire pour réussir dans ce poste ?
Niveau d'anglais recommandé par métier
Poste
Niveau CECRL recommandé
Conseiller clientèle
B2
SDR / Business Developer
B2
Account Executive
C1
Customer Success Manager
B2-C1
Développeur informatique
B1-B2
Chef de projet
B2-C1
Responsable commercial international
C1
Direction générale
C1-C2
Pourquoi "anglais courant" n'est pas un critère de recrutement
Pour certains candidats, "anglais courant" signifie être capable d'échanger lors d'un voyage à l'étranger.
Pour d'autres, cela signifie négocier un contrat de plusieurs millions d'euros.
Entre ces deux réalités, l'écart est immense.
Le CECRL permet d'apporter un langage commun entre recruteurs, managers et candidats.
Niveau
Description
A1
Débutant
A2
Élémentaire
B1
Intermédiaire
B2
Intermédiaire avancé
C1
Avancé professionnel
C2
Maîtrise quasi native
L'objectif n'est pas de recruter les candidats ayant le meilleur niveau d'anglais.
L'objectif est de recruter ceux dont le niveau correspond réellement aux exigences du poste.
Conseiller clientèle
Niveau recommandé : B2
Le service client exige de :
Comprendre rapidement les demandes des clients
Expliquer des solutions clairement
Gérer les situations imprévues
Rester professionnel même sous pression
Un niveau B1 peut suffire pour des échanges simples, mais devient souvent insuffisant lorsque les clients parlent rapidement ou expriment des demandes complexes.
Le B2 constitue généralement le minimum recommandé.
SDR / Business Developer
Niveau recommandé : B2
Les SDR doivent :
Mener des appels de découverte
Qualifier des prospects
Répondre aux objections
Créer une relation de confiance
À ce niveau, l'efficacité de communication est souvent plus importante que la perfection grammaticale.
Un bon niveau B2 est généralement suffisant.
Account Executive
Niveau recommandé : C1
Les Account Executives doivent :
Réaliser des démonstrations
Négocier des contrats
Présenter des solutions
Gérer des comptes stratégiques
Dans ces situations, les nuances comptent.
Une mauvaise compréhension d'un besoin client peut avoir un impact direct sur le chiffre d'affaires.
Le niveau C1 est généralement recommandé.
Customer Success Manager
Niveau recommandé : B2 à C1
Le Customer Success se situe à la frontière entre la relation client et le développement commercial.
Ces professionnels doivent :
Animer des réunions
Résoudre des problèmes
Construire des relations durables
Le niveau B2 peut suffire dans certains contextes.
Le niveau C1 devient préférable pour des clients internationaux ou grands comptes.
Développeur informatique
Niveau recommandé : B1 à B2
C'est probablement le métier pour lequel les exigences linguistiques sont les plus souvent surestimées.
Dans la majorité des cas, un développeur doit :
Lire de la documentation
Participer à des échanges techniques
Communiquer avec son équipe
Un niveau B1 ou B2 est généralement suffisant.
Le niveau C1 n'est nécessaire que pour certains postes impliquant du management, de la relation client ou des présentations régulières.
Chef de projet
Niveau recommandé : B2 à C1
Les chefs de projet coordonnent des équipes, des fournisseurs et des parties prenantes parfois répartis dans plusieurs pays.
La communication est au cœur de leur mission.
Le B2 constitue souvent le minimum acceptable.
Le C1 apporte davantage d'aisance dans les environnements internationaux complexes.
Responsable commercial international
Niveau recommandé : C1
Pour les commerciaux internationaux, la langue est directement liée à la performance commerciale.
Ils doivent :
Créer de la confiance
Négocier
Convaincre
Répondre aux objections
Le C1 représente généralement le niveau de référence.
Direction générale et dirigeants
Niveau recommandé : C1 à C2
Les dirigeants représentent l'entreprise auprès de partenaires, investisseurs, clients et institutions.
Ils participent à des négociations stratégiques et prennent régulièrement la parole dans des contextes internationaux.
Le C1 constitue généralement le minimum attendu.
Le C2 peut devenir un véritable avantage dans les environnements très internationaux.
L'erreur la plus fréquente des recruteurs
La plupart des entreprises cherchent encore à répondre à la question :
"Quel est le niveau d'anglais de ce candidat ?"
Or la vraie question devrait être :
"Ce candidat est-il capable d'exercer ce métier en anglais ?"
Ces deux questions sont très différentes.
Une personne peut obtenir un excellent score à un test de grammaire et être incapable de mener une réunion client.
À l'inverse, certains professionnels très performants commettent quelques erreurs linguistiques mais réussissent parfaitement dans leur activité quotidienne.
Ce qu'il faut réellement évaluer
Pour recruter efficacement, il est préférable de mesurer :
La compréhension orale
L'expression orale
Le vocabulaire métier
La capacité à interagir dans des situations professionnelles réelles
La capacité à accomplir les tâches du poste dans la langue cible
L'objectif n'est pas de mesurer des connaissances théoriques.
L'objectif est de mesurer une capacité à travailler.
Conclusion
Le meilleur niveau d'anglais n'est pas forcément le plus élevé.
C'est celui qui permet au collaborateur de réussir dans son poste.
En alignant les exigences linguistiques sur les besoins réels du métier, les recruteurs améliorent la qualité de leurs recrutements, réduisent leurs coûts et augmentent les chances de succès après l'embauche.
La question n'est donc plus :
« Ce candidat parle-t-il anglais ? »
Mais plutôt :
« Peut-il exercer ce métier en anglais ? »