Comment tester le niveau d'anglais d'un candidat ?
Vous recrutez un poste qui requiert l'anglais, mais comment vérifier que le candidat en face de vous est vraiment au niveau ? Voici une méthode concrète pour évaluer les compétences linguistiques avant d'embaucher.
Vous avez reçu dix CV. Tous mentionnent l'anglais. Certains écrivent « courant », d'autres « bilingue », quelques-uns « bon niveau professionnel ». Aucun de ces termes ne veut dire grand-chose. Et pourtant, le poste exige une vraie capacité à travailler en anglais au quotidien : lire des contrats, animer une réunion avec des partenaires étrangers, rédiger des emails clairs.
La question n'est pas de savoir si le candidat a un niveau. C'est de savoir lequel, exactement, et si ce niveau correspond à ce que le poste demande réellement.
Ce que l'entretien classique ne permet pas de mesurer
Beaucoup de recruteurs posent quelques questions en anglais en fin d'entretien. C'est mieux que rien, mais c'est insuffisant pour plusieurs raisons.
D'abord, le contexte de l'entretien est favorable au candidat. Il est préparé, il sait que la question peut arriver, il a révisé quelques formules. Ce n'est pas représentatif d'une conversation professionnelle réelle sous pression ou à l'improviste.
Ensuite, le recruteur qui pose les questions n'est pas nécessairement lui-même à l'aise en anglais. Il ne détectera pas forcément les lacunes grammaticales, les mauvais temps verbaux ou les erreurs de registre qui poseraient problème dans un contexte professionnel.
Enfin, une conversation de cinq minutes ne permet pas d'évaluer l'anglais écrit, la compréhension orale dans des conditions réelles, ni la capacité à produire un document structuré en anglais.
Les quatre dimensions d'une évaluation linguistique sérieuse
Une compétence linguistique se décompose toujours en quatre dimensions distinctes : la compréhension orale, la compréhension écrite, l'expression orale, l'expression écrite. Un candidat peut être excellent à l'écrit et hésitant à l'oral. Un autre comprend tout mais s'exprime avec difficulté. Ces profils ne sont pas équivalents, et ils ne correspondent pas aux mêmes types de postes.
Avant de choisir une méthode d'évaluation, il faut donc se poser une question simple : quelles compétences ce poste mobilise-t-il réellement ? Un chargé de communication internationale n'a pas le même profil cible qu'un analyste financier dont la moitié du travail consiste à lire des rapports en anglais.
Les méthodes disponibles pour tester un candidat
Le test de positionnement en ligne
C'est l'option la plus rapide et la plus objectivable. Un test de positionnement sérieux évalue plusieurs compétences en 20 à 40 minutes, produit un résultat aligné sur le référentiel CECRL (de A1 à C2), et peut être passé à distance avant même un premier entretien. Il permet de présélectionner les candidats sur la base de données concrètes, pas d'une auto-déclaration.
C'est notamment ce que propose FlashLevel, le test de positionnement linguistique développé par Lingueo : une évaluation rapide, standardisée, qui donne un niveau précis et actionnable pour prendre des décisions RH éclairées.
La mise en situation professionnelle
Demander au candidat de réaliser une tâche directement liée au poste : rédiger un email de réponse à un client anglophone, préparer un résumé de document en anglais, simuler un appel téléphonique en anglais avec un recruteur natif. Cette approche est plus riche qu'un test standard, mais elle prend du temps et nécessite une grille d'évaluation claire pour être utilisable.
L'entretien conduit par un évaluateur natif ou expert
Faire conduire un entretien téléphonique ou vidéo par un locuteur anglophone qualifié, avec une grille d'observation structurée. C'est pertinent pour les postes à forte exposition orale. En revanche, c'est coûteux à organiser à grande échelle et difficile à standardiser si plusieurs évaluateurs interviennent.
Comment choisir la bonne méthode selon le poste
Pour un poste à fort volume de recrutement, le test de positionnement en ligne s'impose comme première étape : il est rapide, peu coûteux, et permet d'éliminer objectivement les candidats en dessous du niveau requis avant même de les recevoir.
Pour un poste de management ou à forte exposition internationale, combiner un test de positionnement et une mise en situation orale est plus fiable. Le test donne le niveau, la mise en situation vérifie le comportement réel en contexte professionnel.
Pour un poste très technique où l'anglais est secondaire, un test court suffit pour confirmer un niveau minimum. Inutile d'investir dans un processus lourd.
Ce qu'il faut éviter
Se fier uniquement à l'auto-évaluation du candidat. Les études montrent régulièrement que les individus surestiment leur niveau dans une langue étrangère, particulièrement en anglais où le sentiment de « se débrouiller » est très répandu, même chez des personnes dont le niveau réel plafonne au B1.
Confondre diplôme et niveau actuel. Un candidat diplômé il y a dix ans d'une école mentionnant l'anglais dans son cursus n'a pas nécessairement conservé son niveau. Les langues se perdent vite sans pratique régulière.
Évaluer sans définir de niveau cible. Tester pour tester n'a aucun sens si vous n'avez pas défini au préalable quel niveau minimum est requis pour le poste. Un B2 est insuffisant pour certains rôles, largement suffisant pour d'autres.
Un recrutement qui commence par une bonne évaluation linguistique
Intégrer une évaluation linguistique sérieuse dans le processus de recrutement, c'est éviter une catégorie entière d'erreurs coûteuses : le collaborateur qui ne peut pas assurer les missions pour lesquelles il a été recruté, le client international insatisfait, la réunion sabotée par une incompréhension de fond.
Ce n'est pas une formalité administrative. C'est une décision de recrutement à part entière, qui mérite les mêmes outils rigoureux que ceux utilisés pour évaluer les compétences techniques ou comportementales.